Les Français font partie des plus grands consommateurs de vins au monde, le vin italien a donc une carte à jouer dans l'Hexagone.

Le marché français du vin et ses opportunités

Gros plan sur une vigne avec plusieurs grappes de raisin noir utilisées pour la fabrication des vins italiens

Dans le cadre du projet True Italian Taste, la Chambre de commerce italienne pour la France de Marseille organisait lundi 6 septembre un webinaire sur le marché français du vin et les opportunités qu’il offre aux producteurs de vins italiens.

La France, un marché prometteur

Les Français font partie des plus grands consommateurs de vins au monde. Comme l’a souligné Domenico Basciano, président de la CCIF à Marseille, la France semble, ces dernières années, particulièrement sensible aux charmes des produits italiens. C’est donc le moment idéal pour promouvoir la richesse des vins italiens.

Vinny Mazzara, sommelière spécialiste du vin italien, est intervenue pour un point sur les spécificités de ce marché. Pour toucher les Français avec les vins transalpins, il faut en effet comprendre leurs habitudes de consommation. Nos deux pays ont beau être voisins, notre manière de consommer du vin est très différente.

Les spécificités du marché français

En 2019, la consommation de vin moyenne par an et par personne en France était de 40 litres soit 50 bouteilles. Pour dépenser leur budget vin annuel d’environ 280 €, les Français se tournent principalement vers la grande distribution. Cela représente 60 % des bouteilles vendues. Les cavistes, les restaurants et Internet sont également des lieux où les Français s’approvisionnent en vin mais dans une moindre mesure. Si les jeunes (18-25 ans) s’orientent plus vers des vins blancs ou rosés, c’est le rouge qui rencontre le plus grand succès auprès des aînés. 

La Covid-19 a grandement changé les habitudes de consommation avec un public qui s’est tourné vers des vins plus abordables lors des confinements. Le retour à la normale semble toutefois marquer le sursaut de la tendance amorcée avant la pandémie de consommer moins et mieux. Cela représente une belle carte à jouer pour les vins italiens, tout comme le développement de l’œnotourisme. Les vignobles de la Grande Botte font toujours rêver et ce secteur du tourisme devrait connaître un fort rebond en 2022.

Quelles cartes jouer pour les vins italiens en France ?

Les vins italiens représentent près de 20 % des importations de vins en France. Cependant, les consommateurs restent très chauvins. Un travail étroit avec les restaurateurs est ainsi le point d’entrée à privilégier pour faire découvrir les vignobles italiens. En effet, la consommation d’un vin étranger pour accompagner une spécialité culinaire est une habitude plutôt répandue. Internet peut également procurer de belles opportunités, notamment auprès d’un public jeune, curieux et avide de découvertes.

L’appétence grandissante des Français pour les vins biologiques, naturels ou biodynamiques jouent également en faveur des vins italiens. Ces modes de culture sont beaucoup plus présents en Italie qu’en France. Les consommateurs à la recherche de ces vins vertueux ont tendance à mettre au second plan l’origine géographique du vin, tant qu’il s’agit d’un pays voisin afin de limiter l’empreinte carbone. Cela constitue donc un atout pour les vins italiens naturels qui peuvent se faire une place chez les cavistes. Quant aux supermarchés, ils sont plutôt à la traîne et ne misent que sur des terroirs connus et évocateurs de l’Italie (Lambrusco, Chianti, Prosecco etc.).

Dernière option pour les vins italiens qui souhaitent se faire une place en France : miser sur le rosé ! Comme nous l’avons vu précédemment, le rosé à la cote chez les 18-25 ans. Depuis le déconfinement, sa consommation a même augmenté de 17 %. Mieux encore, les Français semblent laisser le patriotisme de côté pour ce vin et 25 % du rosé consommé est étranger. Attention toutefois, pour plaire dans l’Hexagone, un rosé doit être bon, certes, mais il doit aussi présenter une robe très claire, quasi transparente. 

Comment les vins italiens peuvent-ils s’imposer ?

L’imaginaire Français autour de l’Italie est très puissant et il ne faut pas hésiter à l’intégrer à une stratégie commerciale, notamment au niveau des étiquettes et des campagnes de communication. Pour réussir en France, les producteurs de vins italiens devront proposer des prix en accord avec les habitudes de consommation des Français. Il est également essentiel de multiplier les rencontres et les dégustations afin d’éduquer un public amateur mais plutôt centré sur son terroir viticole.

Pour cela, il est essentiel de mettre en place une parfaite collaboration entre producteur et distributeur. Alexandra Arigoni, avocate spécialiste des questions relatives à la distribution de produits italiens en France, est ainsi revenue sur cette question durant le webinaire. Pour un partenariat porteur, un producteur doit être accompagné d’un professionnel qui veillera à la rédaction d’un contrat de distribution en bonne et due forme. Ce contrat cadre qui organise les relations futures entre fournisseur et distributeur sera accompagné de conditions générales de vente qui réglementeront cette collaboration. 

Les Français aiment le vin mais ils sont chauvins ! Toutefois, le terroir italien a de sérieux atouts et de belles opportunités à saisir. La compréhension des habitudes de consommation locales et la multiplication des rencontres avec les différents canaux de distribution et le consommateur final permettront de dégager de nombreuses opportunités pour les vins italiens.  

Inscription Newsletter

En vous abonnant, découvrez toutes nos actualités et nos évènements franco-italiens